Comment faire une soumission de rénovation qui protège votre marge
Une bonne soumission de rénovation répond à quatre questions du client : qui fait les travaux, quoi exactement, combien, et à quelles conditions. Pour vous, elle doit couvrir tous vos coûts et protéger votre marge. Voici la méthode, ce qu'il faut y inclure, les erreurs à éviter et un lien vers un modèle imprimable à adapter.
1. Visiter, mesurer et photographier
Une soumission faite sans visite est une soumission à risque. Sur place, notez :
- les mesures de chaque surface (pi², pi lin.) et les hauteurs ;
- l'état existant : ce qui sera démoli, ce qui reste, ce qui semble à surveiller ;
- les accès et contraintes : stationnement, étage, horaires, présence des occupants ;
- les attentes du client : choix de matériaux, échéance, budget mentionné ;
- des photos de chaque pièce, utiles pour chiffrer et pour comparer à la fin des travaux.
2. Décrire les travaux ligne par ligne
Une ligne par élément que le client peut comprendre, avec la quantité et l'unité : forfait, heure, pi², pi lin. Une description précise évite les malentendus et sert de base si des travaux supplémentaires sont demandés.
3. Calculer un prix qui protège votre marge
- Coûts directs : matériaux (avec les pertes), main-d'œuvre (heures × votre coût horaire réel), sous-traitants, location, permis, disposition des débris, déplacements.
- Imprévus : un pourcentage, souvent plus élevé en rénovation qu'en construction neuve.
- Frais généraux : véhicule, assurances, outils, téléphone, administration. Ils existent même sans chantier.
- Marge : elle se calcule sur le prix de vente. Prix = coût complet ÷ (1 − marge). Ajouter 20 % au coût ne donne que 16,67 % de marge.
Exemple : un coût complet de 10 000 $ et une marge visée de 20 % donnent un prix de 12 500 $ avant taxes, et non 12 000 $.
Faire ce calcul avec le calculateur de prix de soumission (gratuit)
4. Ce qu'une soumission doit contenir
Gardez la même structure pour toutes vos soumissions : le client s'y retrouve, et vous n'oubliez rien.
- Votre entreprise : nom, adresse, téléphone, courriel et numéro de licence RBQ.
- Le client et l'adresse des travaux.
- Le numéro de la soumission, sa date et sa date de validité.
- La description des travaux, ligne par ligne, avec quantités et unités.
- Le prix : sous-total, TPS et TVQ si vous êtes inscrit, total.
- Ce qui est inclus et ce qui est exclu.
- Les conditions : acompte, paiements, travaux supplémentaires, échéancier prévu.
- Un espace d'acceptation : signature et date du client.
La Régie du bâtiment du Québec indique que le numéro de licence (10 chiffres, au format XXXX-XXXX-XX) doit figurer sur les estimations, les soumissions, les contrats, les relevés de compte et les factures. Certaines exceptions existent, par exemple pour les membres de la CMEQ ou de la CMMTQ : consultez la page de la RBQ.
Source : RBQ : afficher votre licence
5. Les exclusions : écrire ce qui n'est pas compris
La plupart des désaccords viennent de ce qui n'était pas écrit. Une courte liste d'exclusions protège le client autant que vous. Exemples à adapter à vos travaux :
- la peinture des pièces voisines ou des murs non touchés ;
- les électroménagers, les luminaires ou les accessoires choisis par le client ;
- le déplacement des meubles et des effets personnels ;
- les permis, si le client s'en occupe ;
- les problèmes cachés découverts pendant les travaux (pourriture, moisissure, installation non conforme) : décrits au client et facturés seulement après son accord écrit.
6. Les conditions : validité, acompte, paiements et extras
- Validité : la soumission est valable jusqu'à une date précise. Les prix des matériaux changent ; la date donne aussi une raison naturelle de faire un suivi.
- Acompte et paiements : le montant, à quel moment, et les paiements prévus selon l'avancement, jusqu'au solde à la fin des travaux.
- Travaux supplémentaires : décrits par écrit et prix accepté par le client avant d'être faits.
- Échéancier prévu : la date de début visée et la durée estimée, et ce qui peut les faire varier (livraisons, découvertes).
Bon à savoir : l'Office de la protection du consommateur conseille aux consommateurs d'éviter si possible de verser un acompte, ou de le limiter à une somme très faible, de payer par versements selon l'avancement des travaux et, par exemple, de garder un dernier versement de 10 à 15 % du coût total jusqu'à la fin complète des travaux. Un échéancier clair répond d'avance à ces attentes.
Si le contrat est conclu ailleurs qu'à votre établissement, par exemple chez le client, les règles du commerce itinérant de la Loi sur la protection du consommateur peuvent s'appliquer. Elles prévoient notamment un contrat écrit et un délai d'annulation de 10 jours après la remise du contrat au client, pendant lequel le commerçant ne peut ni exiger ni accepter de paiement, ni commencer les travaux, sauf exceptions. La vente, l'installation ou la réparation de portes, de fenêtres, d'isolants, de toitures ou de revêtements extérieurs demande aussi un permis de l'Office. Vérifiez votre situation auprès de l'Office. Ce guide n'est pas un avis juridique.
Sources : OPC : modalités de paiement en rénovation · OPC : le commerce itinérant · OPC : acompte en commerce itinérant
7. La TPS et la TVQ
Si vous êtes inscrit, la TPS se calcule à 5 % sur le prix et la TVQ à 9,975 % sur le prix excluant la TPS. Sur 12 500 $ : TPS 625,00 $, TVQ 1 246,88 $, total 14 371,88 $.
Vous êtes en général un petit fournisseur si le total de vos fournitures taxables (à l'échelle mondiale, avec celles de vos associés) ne dépasse pas 30 000 $ au cours d'un trimestre civil ni au cours des quatre trimestres civils précédents : l'inscription n'est alors pas obligatoire. Si le seuil est dépassé au cours d'un seul trimestre, vous cessez immédiatement d'être un petit fournisseur et devez percevoir les taxes sur la fourniture qui le fait dépasser et sur les suivantes ; s'il est dépassé sur quatre trimestres consécutifs, d'autres délais s'appliquent. Validez votre situation avec votre comptable.
Sources : Revenu Québec : calcul des taxes · Revenu Québec : petit fournisseur
8. Les erreurs fréquentes
- Une description floue (« rénovation de la salle de bain ») au lieu de lignes précises.
- Oublier son propre temps : administration, achats, déplacements.
- Confondre marge et majoration.
- Ne prévoir aucun montant pour les imprévus.
- Aucune exclusion écrite, aucune date de validité.
- Des travaux supplémentaires acceptés de vive voix, sans prix écrit.
- Recopier les mêmes informations dans trois documents différents.
Un modèle prêt à imprimer
Toutes les parties décrites plus haut sont réunies dans un modèle gratuit à imprimer ou à enregistrer en PDF : vos coordonnées et votre licence RBQ, les lignes de travaux, la TPS et la TVQ, les inclusions, les exclusions, les conditions de paiement et la signature. La page du modèle montre aussi un exemple rempli.
Et dans RenovExpert ?
Dans RenovExpert, la soumission se monte à partir de vos prix et de vos taux : la main-d'œuvre, la marge, la TPS et la TVQ se calculent, votre numéro RBQ, la date de validité, les exclusions, les conditions et l'acompte s'ajoutent, puis vous téléchargez un PDF à envoyer. Une fois acceptée, elle devient le chantier puis la facture, sans recopier.
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